Rechercher
  • Marc Meganck

La force tranquille des arbres

Dernière mise à jour : 20 mars


On a tous une B.O. en soi, la musique d’un film qui déroule intérieurement, cinéma réel ou fantasmé, images d’hier consommées-consumées. Aujourd’hui, alors que le printemps frappe à la porte, les arbres – immobiles dans la ville ou légèrement agités par le vent dans les grands parcs à l’anglaise – déploient leur force tranquille, appelée bientôt à tout reverdir. Avec tout ça dans la vue et dans les sens, j’ai cette bande originale du film La Belgique vue du ciel (1979) qui me revient façon uppercut, boomerang ou tout ce qu’on veut qui marque et ressurgit parfois de loin – de l’enfance ? – pour nous secouer. Un film et une partition tombés dans l’oubli, comme cela arrive à certains livres, à certains auteurs, à certains peuples, à certains pays – délaissés. Une musique de Daniel Dejean, qui avait écrit ces quelques mots à l’intérieur de la pochette en papier rose pâle qui protégeait le vinyle :


« Nous avons perdu le regard

Sur ce qui nous sert décor

Les chansons, les images et les sons

Qui nous entourent

Nous avons pris l’habitude

De les entendre

Les voir

Les assimiler

Il nous faudrait

Dès aujourd’hui

Les écouter

Les regarder

Et les aimer. »


Un pays vu du ciel… Parce que tout est sans doute plus beau depuis là-haut, plus onirique, en tout cas plus acceptable, moins violent, moins guerrier, moins « atrocités de l’an 2022 ». Une B.O. avec des morceaux aux noms simples, poétiques : « Eaux », « Voyage », « Jeux de plage », « Grandes eaux », « Petits voyages »… Des titres à la force aussi tranquille que celle des arbres qui attendent encore quelques jours avant d’entamer – s’ils ne l’ont déjà partiellement amorcée – leur résurrection : cerisier du Japon, chênes, bouleaux, érables, tilleuls, hêtres… arbres de la Liberté.



Photo : Unsplash

32 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout