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  • Marc Meganck

Balance ton heure


Chaque année, fin octobre, à l’approche d’Halloween, on marche sur cette lisière, entre le jour et la nuit. Puis on s’enfonce dans la faille pour entériner le passage à l’heure d’hiver. On se prépare à chatouiller le crépuscule, à moins que ce ne soit l’aurore. Mais à taquiner la noirceur plus tôt ou plus tard que prévu. Entre chien et loup. Avancer. Reculer. Jusqu’à l’aube. Place à la sémantique de comptoir et aux lapalissades : « À trois heures, il sera deux heures », « À deux heures, il ne sera pas encore trois heures », « Enfin pas partout, ça dépend du fuseau horaire », « Encore un verre ? »… Dormir ou sortir une heure de plus. De moins ? Demain ? Raboter la journée à rebours. Rallonger la journée avec soixante minutes volées à on ne se sait qui. Courir après le soleil avec des ombres dans le dos. Tournebouler l’action des astres, l’attraction-désastre. Éclairer la ville, enténébrer la vie. Aligner les aiguilles sur le diktat, tic-tac, tic-tac… À la bonne heure ! Où se trouve encore la nature dans l’histoire ? À l’heure, justement, où plus rien ne s’arrête, ni les saisons ni les activités humaines. Le démiurge connaît la réponse. Les gouvernements de l’hémisphère nord une partie seulement. Moi, je m’en tape… une heure de plus, de moins – demain !



Photo : Unsplash

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